Litanies de la mer

de Saint-Pol-Roux

Comme le souligne René Rougerie dans sa préface « après Calligrammes d’ Apollinaire, les Poèmes à crier et à danser de Pierre Albert – Birot, l’ expérience Dada », le poème explose dans sa forme, se libère. Ce livre se présente ainsi comme une partition musicale, « une symphonie verbale », une « cathédrale du verbe » pour celui qui déclarait : « le livre est un cercueil » et  « L’ imprimerie sonore
voilà la vérité ».

Oeuvre poétique

de Xavier Grall

Œuvre flamboyante, au «souffle prodigieux». Dans sa préface son éditrice Mireille Guillemot évoque cette « extrême ferveur » que son nom suscita – et suscite encore - en Bretagne. Vénération même dont avec son époux, Bernard, ils furent les témoins privilégiés dans la petite librairie quimpéroise des éditions Calligrammes.

La besace du solitaire

de Saint-Pol-Roux

Pour cette méditation sans fin sur « le Verbe ce dieu inconnu », il lui faut aller à l’ essentiel comme l’ écrivent les préfaciers, ajoutant : « Dans cette course vers l’ innommé, vers l’ au-delà de toute parole, une sorte d’ impatience s’ observe : comme si le temps qu’ il fallait pour composer – c’est -à –dire revoir corriger, supprimer…organiser et répartir dans l’ espace à éditer…comme si tout ce temps était du temps volé à la source de la vie ». D’où ces aphorismes notations litanies autour du fini/infini  de la solitude.

Note-Book  de Joë Bousquet

La dispersion de beaucoup des écrits de Joë Bousquet en fragments, qui se recoupent, se répètent, se contredisent parfois, est sans doute liée pour une part à ses conditions de vie dans sa chambre de Carcassonne. Mais on peut y déceler aussi autre chose : une manière d’être disponible à ce qui se présente, à travers les tâtonnements, les ressassements aussi bien que les éclairs, les fulgurances.

Une avancée dans l’inachèvement, avec des pages qui s’écrivent comme des risques,  un vrai cheminement de poète, avec les mots d’une langue qui ne cesse de nous échapper, de nous dépasser…

Marc Dugardin

 L’écrivain authentique est d’ abord celui qui a le plus à se faire pardonner. Car il a la prétention d’opérer à lui seul le rachat de la vie par le rachat du langage.

Ecrire, c’est rendre à la vie ce qui est en l’enlevant au peu que je suis.

 Ecrire, c’est d’ abord avoir le sens d’autrui. On n’écrit pas pour apparaître aux hommes, mais pour faire apparaître en eux sa pensée. Il ne s agit jamais de ce qu’on va leur dire mais de ce qu’on peut leur souffler.

La coexistence de la terreur et de la rhétorique est l’effet de la loi qui éveille l’écrivain dans celui qui l’écoute et l’arrache soudain à sa dépossession. 

Extrait de Note-Book, Joë Bousquet

Editions Rougerie: 7, rue de l'échauguette - 87330 Mortemart - tel: 05 55 68 00 93